
Les mots commencent à nous manquer.
L’heure est grave, très grave.
Notre président et vice-président à la FTQ, Jean-François Pelletier, sort d’une rencontre avec le ministre du Travail, Jean Boulet, où il accompagnait Magali Picard, présidente de la FTQ, ainsi que d’autres vice-présidents de la Fédération.
Le but de cette rencontre était de discuter du projet de loi 3, qui prétend vouloir « une plus grande transparence syndicale ». En réalité, ce projet n’a qu’un objectif. Réduire au minimum la capacité des syndicats à défendre les travailleurs et les travailleuses du Québec.
Le gouvernement veut affaiblir la seule force organisée qui lui dit non quand il dépasse les bornes. On aimerait discuter, mais on refuse de nous entendre, de dialoguer. La CAQ préfère s’entretenir avec ses amis, les patrons, les instituts économiques, les lobbys de droite, comme une grande fête en famille, un party pour enterrer les représentants des travailleurs et travailleuses.
Et pourtant, si le Québec a aujourd’hui des semaines de 40 heures, des salaires décents, la CNESST, des congés, des retraites, l’équité salariale, l’assurance parentale, des normes du travail, c’est parce que les syndicats se sont battus.
Pas parce qu’un gouvernement a eu une illumination.
Parce que des travailleuses et des travailleurs ont fait leur devoir et ont refusé l’injustice.
Aujourd’hui, avec le projet de loi 3, le gouvernement tente de renverser cet équilibre.
Ce qu’il propose, c’est de rendre plus difficile pour les syndicats d’agir, de se mobiliser, de contester des lois injustes, de protéger leurs membres.
C’est une volonté claire de réduire au silence un acteur essentiel de notre démocratie.
Et ce n’est pas nous qui exagérons.
C’est le Barreau du Québec qui tire la sonnette d’alarme.
Le Barreau parle d’un projet de loi qui affaiblit l’état de droit, d’un projet qui limiterait l’accès aux tribunaux pour contester des lois, d’un texte qui paralyserait volontairement la capacité des associations à réagir rapidement aux décisions gouvernementales, d’un glissement inquiétant où l’État concentre de plus en plus de pouvoir en réduisant ceux qui peuvent le surveiller, d’un tournant préoccupant pour la démocratie québécoise.
Quand le Barreau du Québec lui-même dit qu’on s’éloigne des principes démocratiques fondamentaux, il y a un sérieux problème.
Cette façon de gouverner est profondément antidémocratique et elle concerne tous les Québécois et toutes les Québécoises, pas seulement les « syndiqués ».
C’est un gouvernement qui cherche désespérément à laisser un legs historique, mais tout ce dont nous allons nous souvenir, c’est d’un projet de constitution bâclé, de négociations avec les travailleurs et les travailleuses de l’État à coups de menaces et de lois spéciales, de l’imposition de conditions de travail aux médecins, en plus de fiascos économiques sans commune mesure dans notre histoire moderne.
Il n’est même plus question de comparer la CAQ à l’Union nationale de Maurice Duplessis. On parle des mêmes jeux, d’un premier ministre qui se prend pour un souverain.
Alors non, nous ne resterons pas les bras croisés. Levons-nous contre cette bande de petits ministres qui ne travaille que pour les riches, les patrons, les privilégiés. Levons-nous pour les travailleurs et les travailleuses, pour les Québécois et les Québécoises.
Le 1999 sera du combat, pour nos membres, leurs familles, et la démocratie.
Soyez des nôtres à la grande manifestation du 29 novembre prochain!






